Et, c'est bien aussi ce souvenir en constante permanence, qui fait de Persépolis un lieu si
différent de tous les autres...L'histoire, les convoitises, les heures de gloire - l'incendie
d'Alexandre qui commença dans la salle des Cent Colonnes, et dont ici se réalisait l'implacable
vengeance - la destruction acharnée des Arabes après la conquête de l'Iran, ne pouvaient se terminer
que dans l'oubli protecteur des sables du désert.
Et voici, gravés, modelés dans la pierre, les Mèdes chargés de leurs coupes d'argent,
les Babyloniens porteurs de vases remplis d'or, les Lydiens et leur orfèvrerie, les Cappadociens
dans leurs vêtements brodés, les Arachosiens et leurs chameaux, les Egyptiens, les Indiens, les
Scythes, les Ethiopiens, tous porteurs de présents... Ce sont les archers, l'armée
ordonnée des soldats de Darius, figés dans une immortalité qu'ils assuraient déjà de leur vivant.
L'une des portes conduisant au tipylon nous montre le roi DARIUS suivi d'un
serviteur tenant un parasol,
le grand Darius, l'Achéménide, dans toute sa gravité, ses cheveux
soigneusement relevés en bouclettes frisées, sa lèvre légèrement ourlée qui esquisse un sourire
divin.
"Moi, Darius le Grand Roi, le Roi des Rois, le roi des pays, le roi sur cette
terre... En cet emplacement où cette forteresse a été construite, là,
auparavant, aucune forteresse n'avait été construite.
Par la grâce d'Ahura-Mazdâ,
cette forteresse-ci, moi je l'ai construite
ainsi qu'était le dessein d'Ahura-Mazdâ..."
(Inscription sur la base du mur de soutènement de la terrasse de
Persépolis)
(Suite)